Au Louvre, à la surveillance, il y a tout un vocabulaire, un jargon de métier qui peut
sembler un peu bizarre au néophyte, ainsi que des tournures de phrases inhabituelles : par exemple on dira "sous pyramide" au lieu de "sous la pyramide". Plutôt que de dire "On monte sur les
toits", on dira "On va en toiture". C'est comme ça, il faut s'y habituer.
Peut-être que ça vient du côté militaire de notre métier ? Affirmatif ! Il faut être bref, net et précis pour communiquer rapidement.
Ne parlons pas des nombreux sigles sensés simplifier les conversations, on en trouve à tous les coins du musée. Quelques exemples : R.I.A., D.I., D.I.T., P.C., L.T., O.S, V.O., S.P.S.I.,
S.D.A.V., D.A.M.T.,etB.C.T.M. ... Pour ne citer que les plus courants. Il s'en crée d'ailleurs toujours de
nouveaux, et l'on continue parfois à utiliser les anciens (par exemple le B.A. est maintenant le B.C.T.O. mais peu d'entre nous le savent), ce qui, vous vous en doutez, ne simplifie rien du
tout.
Les équipes mobiles ont des talkies et doivent apprendre le langage très spécial qu'on employe pour parler avec ces appareils. Tout est codé, on ne dit pas son nom mais un numéro, jamais de
formule de politesse et surtout pas de longue conversation qui génerait tout le réseau.
Pour savoir où se trouve un collègue, on demande : "Position ?". Si l'on veut parler plus longuement avec lui, on dit : "Un contact par fil au 32-10 ". Vu de l'extérieur, ou plutôt entendu de
l'extérieur par les non initiés, cela ressemble à de la bouillie avec plein de bip-bip-bip, mais les oreilles des pros arrivent à déchiffrer ces borborygmes et à savoir s'il se passe quelque
chose d'anormal à l'autre bout du Musée ou dans la cour Napoléon.
Bien reçu ?
Terminé.